Tout savoir sur la maison passive

21 mars 2019

Si le tout premier bâtiment labellisé « passif » a vu le jour dans les années 90 en Allemagne, ce concept de construction existe en réalité depuis toujours. On trouve ainsi des exemples de conception passive un peu partout à travers le monde, et en particulier dans les régions les plus chaudes où construire un habitat qui ne surchauffe pas est primordial.

Et avec la promesse de réduire de 90 % les besoins en chauffage ou en ventilation, la maison passive n’a pas fini de séduire ! Qualifiée de maison écologique grâce à une efficacité énergétique optimale, ce type de construction combine économies d’énergie, confort de vie optimal et qualité de l’air ; de solides arguments qui méritent qu’on s’y intéresse de plus près…

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Le principe d'une maison passive

La maison passive est un concept de construction qui vise à obtenir un habitat très basse consommation. Son principe de base est donc de répondre aux besoins de chauffage en hiver en récupérant d’une part la chaleur produite à l’intérieur par les êtres vivants et l’électroménager, et en profitant au maximum des apports solaires gratuits d’autre part.

La maison passive reprend donc le principe du bioclimatisme en recherchant une implantation optimale par rapport à son environnement. L’exposition plein sud est en général privilégiée et les spécificités du terrain prises en compte.

La maison passive va cependant bien plus loin que la maison bioclimatique puisqu’elle vise à diminuer de façon drastique les besoins en chauffage, jusqu’à parvenir à la quasi-autonomie. Pour cela, ce type de construction ne mise donc pas seulement sur une utilisation passive de l’énergie solaire, mais intègre également une isolation renforcée au niveau des murs extérieurs, de la toiture et du sol, ainsi que des fenêtres en triple vitrage. La ventilation, assurée par un VMC double flux, permet en outre de récupérer la chaleur de l’air sortant pour réchauffer l’air entrant.

Et si cette conception permet un parfait confort thermique en hiver, il n’en reste pas moins efficace en été ! Parfaitement isolée et étanche, la maison passive est imperméable à l’air chaud extérieur, ce qui permet d’obtenir une température intérieure agréable, même en période de canicule. Quant à la VMC double flux, elle peut également être utilisée comme système de refroidissement, la fraîcheur de l’air intérieur étant alors communiquée à l’air chaud entrant pour le refroidir.

Les critères pour obtenir le label « Bâtiment Passif »

Pour mériter officiellement l’appellation « maison passive », une construction se doit de répondre à un cahier des charges très strict qui fixe 4 critères de base :

  1. Les besoins en chauffage ne doivent pas excéder 15 kWh/m2/an, le but étant de se passer de tout système de chauffage indépendant.
  2. La consommation en énergie primaire ne doit pas dépasser 120 kWh/m2/an, électroménager inclus. On privilégie donc des appareils de classe énergétique A, peu gourmands en énergie.
  3. La construction doit présenter une étanchéité à l’air de n50 ≤0.6 h-1, garantissant l’absence de fuite et donc de déperditions thermiques.
  4. Enfin, la température intérieure doit rester confortable toute l’année et ne pas dépasser les 25 °C en été avec une limite maximum de 10 % d’heures de surchauffe annuelles.

Le label international « Bâtiment Passif » ou « PassivHaus » atteste du respect de ces critères.

Avantages de la maison passive

L’avantage évident de la maison passive est d’être un habitat particulièrement économe en énergie. Grâce à son isolation renforcée et à l’absence de ponts thermiques, les dépenses de chauffage sont réduites de 80 à 90 %, n’excédant pas 10 à 25 €/mois.

Ses besoins en chauffage réduits, couplés à des appareils électroménagers peu énergivores, en font une maison écologique à l’usage et présentant en outre de très faibles émissions de gaz à effet de serre.

Et si ce type de conception préserve l’environnement, il n’en oublie pas son but principal : le confort de ses habitants ! La maison passive se veut en effet aussi économe qu’agréable à vivre au quotidien, quelle que soit la température extérieure. Avec son isolation optimale et l’absence de courant d’air, elle offre une température régulée et uniforme dans toutes les pièces, ainsi qu’un air ambiant de qualité, puisque constamment renouvelé.

Inconvénients de l'habitat passif

Le premier inconvénient de la maison passive est sans doute son coût, supérieur d’environ 20 % à celui d’une construction classique. On estime ainsi que son prix au m2 est compris entre 1 500 et 2 500 € en fonction notamment de son architecture, sa surface habitable et des matériaux utilisés. Cet inconvénient est cependant à relativiser, la maison passive étant investissement visant la réalisation d’économies sur le long terme.

Il est également à noter que la maison passive privilégie une architecture simple et compacte, plus facile à isoler. Même si la construction d’une maison d’arcà l’architecture plus élaborée reste possible, sa mise en œuvre sera plus complexe et donc plus coûteuse.

Enfin, si la maison passive est assimilée à une maison écologique de par son fonctionnement peu énergivore et peu polluant, elle n’est pas pour autant obligatoirement construite à l’aide d’écomatériaux. Un inconvénient qui devrait cependant vite disparaître avec l’arrivée de la RT 2020 qui vise à produire des bâtiments à énergie positive à l’empreinte carbone la plus faible possible et devrait donc faire de la maison passive construite en matériaux biosourcés la nouvelle norme incontournable !